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Êtes-vous citadin ou campagnard ?
Chapitre 3
De l'importance de choisir où habiter
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/4-comment-vivre-sans-voiture/

Je suis profondément citadin. J’ai toujours apprécié la ville, habiter et vivre non loin du centre. C’est ancré en moi. La proximité des commerces, des cinémas, des bars, de tout. Les distances sont bien plus courtes, tout est concentré et accessible dans une surface réduite.

La vie rurale n’est pas moins intéressante, le rythme est moins soutenu, les distances bien que rallongées entre chaque acteur, laissent une douce sensation de paisibilité. Un air pur lorsque vous n’habitez pas trop près d’un troupeau de vaches et un silence. Un vrai silence qui n’existe pas en ville, ou peu importe l’heure du jour ou de la nuit, il se passe toujours quelque chose. Et dans ce murmure incessant, le silence n'existe pas.

Les milieux ruraux et urbains possèdent chacun des avantages et inconvénients.

Vivre à la campagne {#vivre-a-la-campagne}

Pour bien comprendre les problématiques spécifiques aux déplacements ruraux, j’ai pris une décision drastique. Plutôt que de me baser uniquement sur des chiffres, statistiques, et autres publications peu digestes, j’ai choisi de partir vivre plusieurs mois à la campagne.

Oui, imaginez moi, citadin jusqu’au bout des ongles, quitter mon appartement au centre de Grenoble pour une maison en colocation. Imaginez-moi enfin sans le moindre vis à vis, entre un terrain agricole et une pléthore de bovins. À vrai dire, cela tombait bien : mes deux sœurs s’étaient mises en tête de faire une colocation. J’ai donc rejoint le projet de mes sœurs pour faire partie de cette aventure. Au programme : un magnifique jardin, une proximité avec la famille accrue et bien entendu des distances démultipliées entre les commerces, logements et des amis disséminés entre plusieurs patelins.

Le plus gros point noir en ce qui me concerne : la gare la plus proche est à une dizaine de kilomètres, cela va rendre un peu plus complexe mes allées et venues. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont poussé à choisir un vélo à assistance électrique (plus communément appelé VAE), pour mes déplacements quotidiens. Moi, tricher ? Jamais !

L’offre en transport en commun n’est pas totalement mauvaise, mais elle est coûteuse et ne répond de manière générale qu’à un segment du voyage à effectuer.

Si vous n’avez pas des milliers d’euros à dépenser dans un VAE, la réponse peut se trouver dans le co-voiturage, de nombreux pendulaires effectuent un trajet aller retour quotidien de la campagne vers la ville.

Comment se positionner sur la route en vélo ? {#comment-se-positionner-sur-la-route-en-velo}

Qui dit campagne, dit grands axes sans piste cyclable. Et c’est bien dommage. Alors en attendant que les municipalités fassent évoluer cette situation, votre comportement sur de grands axes (nationaux ou départementaux) peut vous aider à ne pas vous faire de frayeur lorsque vous enfourchez votre 2 roues. En effet, votre positionnement sur la voie donne un message implicite à tout véhicule en capacité de vous doubler.

Si vous mordez la ligne de droite, ou que vous êtes carrément à droite de la voie, vous donnez un signal aux autres : vous pouvez me doubler. Ce message, bien que correct, ne vous servira pas pour autant. En effet, les voitures auront tendance à vous doubler sans pour autant marquer une distance latérale correcte. C’est effectivement la meilleure manière de vous faire les plus belles frayeurs ! Le mieux pour vous et de vous positionner au milieux de votre voie, voir à peine plus à droite que le centre, afin de forcer les véhicules à changer de voie pour vous doubler. Bien entendu, en fonction de la situation, vous pourrez toujours vous rabattre sur la droite.

Légalement, pour doubler un vélo, la distance latérale doit osciller entre 1 mètre si vous êtes en ville et 1,5 mètre hors agglomération. Mais ces dispositions légales ne sont quasiment jamais respectées : trop rares sont les automobilistes à se soucier de ce “détail”, d’autant plus que ces infractions ne sont que rarement réprimandées par les forces de l’ordre. Mais que voulez vous, j’ai toujours rêvé de finir ma vie écrasé par une voiture.

Dans son livre « Bike Snob », Eben Weiss parle en détail de ce que l'on pourrait qualifier de « mémoire des trajets ». Certains axes ne disposent pas de piste cyclable, et je sais bien qu’il y a une peur de se faire écraser sur une départementale dans l’inconscient collectif. Et c’est justifié. En plus de votre comportement qui peut vous aider comme expliqué dans les paragraphes précédents, la régularité de vos trajets permettra aux automobilistes de penser à vous. Je m’explique : si vous faites régulièrement le même trajet, les automobilistes qui font le même trajet à la même heure vont progressivement vous intégrer mentalement, jour après jour. Ils prendront conscience sur le long terme de votre présence, pour mieux vous éviter.

Conclusion {#conclusion}

Je pense que vivre dans la simplicité nécessite de créer ou intégrer une petite communauté où chacun s’entraide et à un rôle a jouer. En tout cas, il est facilité. La colocation « en famille » en est un bon exemple, même si des modèles de petites communautés avec différents foyers interconnectés et partageant des valeurs communes semblent propices à un épanouissement général, voire une synergie.

Vivre en ville {#vivre-en-ville}

En ville, les trajets de 5 kilomètres et moins sont aussi rapides en vélo qu’en voiture, voire encore plus rapide à bicyclette.

Comme je vous en ai parlé dans le chapitre d’introduction, je suis né avec une souris dans la main. Alors, comme tout jeune de ma génération qui se respecte, j’ai expérimenté les sites de rencontres. Quel rapport avec une vie sans voiture ? C’est assez simple. Lorsque j’ai souhaité faire mes premières rencontres en ligne, j’ai toujours essayé de ne pas le mettre en avant, d’éviter le sujet.

J’avais la chance d’habiter dans le centre de Grenoble : je n’avais pas vraiment besoin de véhicule pour un rendez-vous, mis à part un vélo, mes pattes ou les transports en commun. Mais je n’étais pas forcément très à l’aise avec ça car quoi qu’on en dise la voiture est — dans le monde des apparences et du superficiel — l’un des éléments essentiels de la panoplie du mec parfait, qui va avec le job à temps plein en CDI et les tablettes de chocolat.

Oui, les préjugés ont la vie dure ! Depuis ce temps-là, j’ai pris conscience que ma manière de fonctionner n’était pas si marginale, qu’elle était en réalité l’un des fondements de ma manière de penser, et que je voyais le monde différemment en partie en n’étant qu’un simple piéton.

Au cœur de Copenhague {#au-coeur-de-copenhague}

Au Danemark, la capitale du pays est pleine de surprises. À l’époque, le grand bassin au cœur du quartier de Nyhavn accueillait les navires. Bordée de maisons multicolores, l’ambiance est grisante. S’il est toujours possible de se déplacer par la voie de la mer, ce n’est pas pour ses bateaux que Copenhague est le plus connu.

Des chiffres à donner le tournis {#des-chiffres-donner-le-tournis}

Je ne pouvais pas écrire un livre à propos de la vie sans voiture sans évoquer la capitale du vélo. Ancrées dans la culture de la ville, les pistes cyclables font partie intégrante du paysage. C’est dans les années 1980 que la municipalité de Copenhague intègre les premières pistes cyclables. Aujourd’hui, avec 1200 km de pistes cyclables, dont 1000 km totalement séparés des routes, Copenhague accapare la première place du classement des villes idéalement conçues pour les déplacements à vélo.

Comme nous le dit Mikael Colville-Andersen : « Regardez toutes les études qu’on a ici sur les avantages du vélo. Elles nous montrent qu’à court terme, on économise des coûts dans le système de santé ou bien parce qu’il y a moins de retard au travail ». Les conséquences de l’utilisation du vélo sont nombreuses : une ville moins congestionnée, un coût annuel dérisoire.

Une des premières choses qui m’a marqué, c’est la taille des pistes cyclables sur certaines avenues : l’équivalent d’une double voie de voiture réservée aux cyclistes, lorsque dans la même rue il n’y a qu’une simple voie pour les voitures. En donnant davantage d’espaces aux vélos et en scindant les différents modes de déplacements, les cyclistes ont repris possession d’une partie de la chaussée. Car le cycliste a besoin de se sentir en sécurité, sans quoi il choisira à terme un autre moyen de transport. Quel meilleur moyen pour les industriels et lobbies d’utiliser la peur comme levier ?

L’un des objectifs de la ville de Copenhague est d’atteindre 50 % de personnes transportées à vélo dans les trajets domicile-travail. Et c’est bien parti !

Des initiatives pratiques {#des-initiatives-pratiques}

Je me suis rapidement rendu compte qu’il y a des détails qui font la différence : de petites installations astucieuses qui facilitent le quotidien des cyclistes. Sur certaines pistes, une série de diodes s’allument pour vous indiquer que vous êtes synchronisé avec le feu vert, et que vous pouvez pousser à fond sur les pédales ! Il y a des poubelles inclinées, dont l’angle a été spécialement étudié pour que vous puissiez faire un panier sans vous rater. Astucieux !

Les vélos du service de location de la ville de Copenhague sont beaucoup plus intéressants que nos homologues français : ils intègrent un système GPS et une assistance électrique pour 4 € de l’heure.

Un autre mode de fonctionnement très étonnant concerne les vélos mal stationnés. Plutôt que de donner une amende aux cyclistes, les vélos sont déplacés dans un garage à vélo. Les chaînes sont graissées, les pneus regonflés, et un petit mot est apposé sur le vélo, indiquant aux cyclistes d’utiliser les parkings prévus à cet effet.